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alainfranck

La liberté qui se définit comme l'absence de contrainte, est un leurre dangereux pour l'individu et la société.


Personne ne s'imagine conduire une voiture sans en garder le contrôle. Le conducteur perd sa liberté au moment où la voiture ne répond plus à ses ordres. Une personne qui perd le contrôle de ses actes ou de ses capacités n'est pas libre par rapport à l'épreuve qu'il doit affronter.

Par exemple, elle se veut sûre d'elle face à son interlocuteur or elle bégaie ; En perdant le contrôle de son élocution, elle se sent alors submergée par son handicap. Elle ressent une pression incontrôlable ; une terrible tempête intérieure l'éloigne des rivages rassurant et de la météo clémente. A ce point, soit, elle retrouve ses esprits et se libère de ce qui lui fait perdre ses moyens, soit, elle panique davantage et n'est plus capable de sortir un mot, paralysée par un sortilège inconnu qui lui fat perdre son aptitude à articuler puis à penser.
La liberté est liée de prés au contrôle que l'on peut exercer sur soi et son environnement.

Liberté chérie...
Celui qui n'arrive pas à se lever le matin, celui qui est toujours de mauvaise humeur, celui qui n'agit qu'au gré de la journée sans plan précis de ce qu'il va faire ou celui qui ne sait pas se tenir au budget établi pour le mois et dépense plus que ce qu'il ne gagne, sont tous des esclaves de schémas mentaux dont ils sont ignorants mais qui guident leur attitude dans la vie. Ceux-là ne sont pas libres et le malheur va bientôt les accabler. S'ils avaient su comment mieux contrôler leurs attitudes, leurs envies ou leurs émotions, ils auraient été beaucoup plus libres plutôt que de perdre cette liberté au fur et à mesure des années.

La liberté est donc également couplée avec le savoir ou la connaissance de soi.

Il est difficile dans une société comme la nôtre de définir la liberté. C'est pourtant le premier point de notre devise française. La liberté a été discutée, protégée, écrite et chantée et pourtant demeure toujours indéfinie. On peut la cerner, quand, par son absence, elle nous fait souffrir.

La liberté des uns finissant là où commence celle des autres, nous pourrions concevoir qu'elle a des limites alors que, dans l'idéal romantique, elle ne devrait pas en avoir. Elle est présente ou ne l'est pas mais elle ne dépend pas d'une condition sans limite et sans direction. Non, la liberté est l'apanage de ceux qui ne sont pas prisonniers de leur égo et qui savent prendre soin des choses et des gens, avec bienveillance et noblesse. Elle est l'apanage de ceux qui sont compétents dans leur domaine. Elle peut être synonyme de bonheur, si, pour mieux la comprendre, on la rapproche de cette notion. En tous cas le bonheur ne peut exister sans cette liberté à laquelle nous sommes tous attachés.

Et c'est bien là le paradoxe. Quand on s'attache à quelque chose, on est supposé être moins libre que si on ne s'attache à rien. Sauf pour la liberté ! Il semble que ce soit la seule notion à laquelle on peut s'attacher sans limite. Presque un oxymore.

Elle ne vous prive d'aucun libre arbitre et fait de vous un être responsable, car la liberté ne dépend en fin de compte que de soi. Elle se conquiert à chaque instant. Etre libre ne s'impose pas, ne s'achète pas, ne se décompose pas. Etre libre, c'est être certain, et savoir faire les actions justes pour chaque situation de la vie. Ainsi on est relativement libre selon les facettes de la vie que l'on affronte.

Je ne veux pas parler du miroir aux alouettes qu'utilisent ceux qui voudraient que la liberté soit l'absence de devoir et de responsabilité. Méfions-nous de cette liberté associée aux vacances qui induit le sentiment que le travail est une aliénation et que nous serions beaucoup plus heureux si nous n'avions rien à faire, rien à donner, rien à quoi contribuer.

La liberté, c'est d'être capable de faire partie de la Vie et d'y participer corps et âme, avec le sentiment que l'on aide son prochain, qu'on construit quelque chose et qu'on est maître de son destin. C'est la fierté d'être capable de respecter ses engagements envers soi-même et envers les autres.

"Vive la liberté" dont nous venons de parler. Ne la confondons jamais avec autre chose qu'on nous accorde. La liberté vous appartient, elle vous a toujours appartenu, elle vous appartiendra toujours mais il faut la rechercher, la trouver, la cultiver et surtout ne jamais l'abandonner. Elle est en vous à jamais, si vous savez ce qu'elle signifie vraiment.

Vendredi 21 Septembre 2012 Rédigé par Alain Rosenberg le Vendredi 21 Septembre 2012 à 13:37