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alainfranck

Le faux débat sur l'identité nationale, faute des bonnes questions, soulèvent le vrai débat sur les questions que l'on n'ose pas poser.


A propos de l'identité nationale
Je comprends que nous ne voulions d'ennemi ou de traître au sein de la République. Mais il semblerait que l'on veuille faire admettre que l'on trahit son pays si l'on est musulman, juif, catholique, AVANT d'être français. Pourtant ceci est inhérent à la nature humaine et aux cultures. On est avant tout ce en quoi on croit et comme la grande majorité des laïcs sont croyants, avant d'être français, ils ressentent cette appartenance communautaire rassurante qui permet de partager ses croyances et ses idées avec d'autres, qui sans qu'il y ait besoin de parler, les expriment. Ce bonheur d'être avec ses semblables de conviction est une émotion aussi vieille que l'homme, une liberté que personne ne peut effacer.

Cela n'empêche absolument pas d'être français. Il n'est nullement écrit dans notre constitution que nous devons être d'abord Français. Ceci violerait la liberté de conscience et ceci ne fait pas de ceux qui sont dans ces cas, des traîtres.

Par contre, il est important, évidemment, de connaître ses devoirs et son rôle au sein des activités regroupées sous le drapeau bleu, blanc, rouge. La France a une histoire et l'étude de cette histoire est un moyen de comprendre son présent pour faire face au futur. L'histoire de France au sens large, ce sont ses artistes, ses régimes politiques, ses moments de déroute et ses victoires. L'histoire d'une personne ne prend pas obligatoirement racine dans ce creuset mais cela ne l'empêche pas d'être française. Demander à cette même personne d'être d'abord français, c'est aller contre nature et le forcer à être autre chose que lui-même. Qu'il soit savant, employé, commerçant, chômeur, banquier, fonctionnaire, peu importe le métier qu'il exerce, un être humain est beaucoup de choses à la fois. On ne peut pas lui dicter ce qu'il doit être avant tout.

Les questions sur l'identité ne sont donc pas les questions que l'on se posent. Pour être français, suffit-il d'adhérer à un système politique particulier ? Savoir parler cette langue ? Se sentir intégré et admis par d'autres ? Qu'est-il attendu de nous tous à nous tous, par nous tous, français pour être surs de notre identité et de l'identité de l'autre ?

Sommes-nous plus français si nous sommes nés d'une famille depuis plusieurs siècles sur ce sol ? Si nous sommes sans travail et donc sans le sous mais aristocrates ou si nous sommes d'une famille immigrée marocaine en train de tenir un poste à responsabilité dans une entreprise ? Qui est le plus français des deux ? Celui qui l'est par le droit du sol ou celui qui l'est de par ses responsabilités ?

La réponse morale est assez simple : celui qui assume ses responsabilités se sentira plus citoyen que celui qui ne les assume pas. En fait tout le problème d'être français ou n'importe quoi d'autre, est un problème de responsabilité. On ne peut  "être" sans être responsable pour dire autrement ce que disait déjà Saint Exupèry (être homme, c'est être responsable).

Une vertu attendue de nous en ce qui concerne l'appartenance à notre pays, c'est la loyauté. La loyauté, en sa définition, c'est le fait de vivre selon les lois de l'honneur et de la probité. L'honnêteté et l'honneur font donc de nous des français, quelque soit notre appartenance culturelle, religieuse ou ethnique d'origine, parce que ces qualités forment la loyauté.

La solution aux problèmes identitaires passe par une compréhension de l'homme par l'homme, par un appel à la raison qui permet d'organiser la façon dont nous allons vivre les uns avec les autres ou les uns à côté des autres. La solution ce sont, pour vivre ensemble en harmonie, des règles non pas imposées par des dogmes politiques, non pas des règles qui ne valident pas les compétences ou des règles qui pénalisent ceux qui produisent pour tout redistribuer, mais des règles naturelles où ceux sur qui repose le tissu social seront les plus hauts citoyens d'un monde où on reconnaîtra celui qui est en France français par son talent, son travail, son implication dans la vie de son quartier, de ses voisins et de ses collaborateurs. Un homme qui saura faire de demain une meilleure France que celle que lui ont léguée les générations passées. Celui là sera français par excellence.

Dimanche 14 Mars 2010 Rédigé par Alain-Frank Rosenberg le Dimanche 14 Mars 2010 à 15:09