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alainfranck
Si l'homme comprenait vraiment comment il fonctionne et considérait son activité mentale comme un sujet à part entière différent de celui de la médecine et de la psychiatrie, il ferait alors les plus grands progrès de son épopée. 

Etudier un fonctionnememt à partir des cas où le mécanisme est défectueux n'est pas une démarche dans le but de le comprendre mais une démarche dans le but de palier des défauts sans comprendre les fondamentaux du sujet. Réparer sans comprendre avec certitude comment cela marche, c'est un peu réparer l'ordinateur en tapant sur le côté dans l'espoir que le choc remettra en place ce qui était mal branché.

La compréhension de notre activité mentale, pas celle de notre cerveau, est d'une importance capitale si nous prenons le temps de constater le simple fait que cette activité est de loin l'arme la plus utilisée par l'homme pour survivre. L'activité mentale serait le logiciel et le cerveau le disque dur si nous voulions comparer notre anatomie mentale à celle d'un ordinateur.

Mais même cette comparaison simplifie à l'extrême l'interprétation du monde et des perceptions que nous en avons. Elle nous éloigne de la compréhension que nous pourrions avoir de nous-mêmes. Les logiciels eux-mêmes crées par l Homme sont loin des qualités dont peut faire preuve leur créateur. Les thérapies du 19eme siècle se sont développées à partir de l'étrange concept que l’homme était fondamentalement un animal dont les pulsions devaient être mises sous contrôle. Ces anciennes sciences n’avaient aucune base moderne de raisonnement. 

Ce sont des opinions qui ont servi de base aux recherches ultérieures sans jamais pourant être remises en question. Aucune recherche ne s'est engagée jusqu'au bout dans une étude de nos différentes  façons d'analyser les problèmes. 

L’activité mentale 

Notre activité mentale quand elle est à son niveau optimum consiste à différencier. Cette classification nous mène à une application pratique et conduit à la résolution de  maints problèmes auxquels nous avons à faire face collectivement et individuellement. Quand nous percevons, nous pouvons différencier les signes que sont les couleurs, les sons, les odeurs, les mouvements etc. Nous pouvons différencier ce qui est arrivé hier et ce qui pourrait arriver demain. Nous avons un passé classifié par date et nous pouvons différencier ce que nous pensions quand nous étions enfants et maintenant en tant qu'adultes. Nous savons ce qui est beau ou laid pour nous encore une fois en différenciant. Il se pourrait même que la création, quand elle est esthétique, est par la différenciation extrême la mise en valeur d'un élément  qui  pour les autres s'amalgamait avec le reste. La symphonie est la mise en ordre de sons qui sans cet ordre qui les sépare les uns des autres ne serait qu'un vaste ensemble de bruit.

Un cran en dessous,  notre activité consiste à comparer. Cette fonction  mentale compare pour comprendre ou interpréter ce qui se passe. Comme les comparaisons ne sont pas toujours appropriées, le raisonnement par association a tendance à nous éloigner des solutions pertinentes.

Enfin, le mental ne fait  ni la différence ni la comparaison avec autre chose et ne raisonne qu'en globalité. Dans les cas ou nous prenons nos décisions à partir de ce type de pensée, nous sommes incapables d'obtenir une réponse correcte aux problèmes que pose l'existence et que le mental est censé résoudre. Le passé devient le présent et l'avenir. Ce qui est arrivé arrivera, ce qui ressemble à quelque chose lui est identique, la note de musique est entendue comme un bruit qui est lui-même identique à tous les autres bruits. Les mots écrits ou parlés ne sont plus les symboles de ce qu’ils représentent mais les choses elles-mêmes. 

La santé d'esprit d'une personne pourrait se résumer à son aptitude à différencier. Quand elle ne le peut pas, elle vit dans la peur et dans la misère morale. Elle n'est pas en train de percevoir son milieu comme il est mais il est en train de le confondre avec tous les milieux dans lesquels elle a vécu.
Un gouvernement qui ne voit pas son pays et son peuple comme il est mais comme autre chose auquel il l'identifie, est un gouvernement aveugle. Il va traiter les problèmes de gouvernance en se basant sur d'autres problèmes que ceux qui préoccupent les gens. Il n'est pas en train de différencier les types de situations à traiter.

Se défendant d'être manichéen, il trouve cependant ses réponses dans les extrêmes. Alors que la différenciation permet de tout traiter en nuances, l'identification ne traite qu'en noir ou blanc. Un tel gouvernement deviendra à la longue une oppression et un autre lui succédera qui sera pire encore s'il ne s'évertue pas à traiter par différenciation les problèmes que la nation subit. Il traite les effets et jamais les vraies causes des problèmes. Il légifère de plus en plus sans regarder que le vrai problème c'est l'Homme dans un état non optimum. Nulle loi ne le fera changer. Un chemin à parcourir, oui.
Mais comme par le passé, cette voie est jonchée d'échecs ; par identification ; plus personne ne l'emprunte. 

Par exemple différencier entre une méthode d'étude efficace et une méthode qui ne donne que des gens qui ne savent pas s'intégrer dans une entreprise, ne semble pas compliqué. Cependant, il semblerait que ce soit un choix trop difficile pour ceux qui pensent par comparaison ou pire par " toutes les méthodes se valent". 

Le contraire 

Nous sommes entrés dans une ère où seuls ceux qui pensent par différence peuvent conserver leur pouvoir d'observation. Les autres suivent les autres et ne seront jamais capables d'initier quoique ce soit.

La démocratie a ce défaut qui est difficile à rectifier. Elle fait penser les citoyens par excitation réflexe. Le bien, le mal, le beau, ce qui est désirable et ce qui ne l'est pas, sont des concepts qui sont identifiés à des clichés imprégnant la pensée des gens à tel point que vivre devient l'effort d'identification à un modèle préétabli. C'est en quelque sorte une camisole invisible qui envahit nos schémas pour penser et qui dévore les populations les unes après les autres au seul son de la majorité a toujours raison, ce qui est loin d'être vrai. A la lumière de l'histoire c'est même le contraire que l'on constate.  Les critères de comportement deviennent des obligations sociales. Le beau c'est le bronzé. Le mal c'est l'autre qui est différent, le bien c'est la respectabilité qu'entraîne la réussite sociale. La peur, ce sont les banlieues. Nous nous défendons contre ce bulldozer qui la terrasse la pensée libre pour la condenser en une pensée identificatrice. Mais à la fin il faut par démocratie se plier aux clichés. Tout ce qui ne l'est pas est mal. Puis vient le bouquet final où tout ce qui est libre devient tout ce qui ne l'est pas et inversement les esclaves de la pensée identifiée se pensent libres entièrement !

L'inversement des valeurs se produit quand tout a été annihilé et que la lutte contre le despotisme de la conscience s'est achevée par une défaite. Il ne reste plus rien de libre mais tous nous croirons le contraire.


La sagesse seule mène à  la liberté 

Quand l'Homme n'est plus à même de se comprendre, il s'auto-détruit. Si une chose est à redouter c'est bien son incapacité à distinguer les vérités qui sous-tendent sa survie optimum. Tant de choses ont été écrites, dites et affirmées qu'il ne sait plus. Il n'a plus confiance ni en ses leaders ni en ses rêves. Ceux qui le guident semblent l'emmener tout droit à la catastrophe sans que quiconque ne fasse un mea culpa. C'est la faute de personne, c'est comme cela. L'identification du tout à rien.  

La seule voie de salut pour l'Homme est de se prendre en main et ceci veut dire emprunter une route qui le conduit à la compréhension de lui-même. 

Ce n'est peut-être pas la réponse complète à tous les problèmes mais le fonctionnement du mental humain est certainement la réponse fondamentale aux questions posées dans tous les domaines d'activité de notre espèce. Pourtant considérée comme la dernière roue du carrosse, emprisonnée dans les grilles des autorités, la compréhension de l'homme par l'homme est un domaine en  perdition, celles proposées usurpant même le titre de l'étude. " Psych" veut dire esprit, tout le monde le sait, sauf celui qui, alors existe sous cette étiquette, ne croit pas que l'esprit puisse être une réalité. 

La compréhension de l'Homme par l'Homme est d'une toute autre nature qui répondrait à des critères de réussite mesurant le bonheur, la bonne santé, l'activité, une bonne relation avec ses semblables et autres qualités qui font que la vie vaut la peine d'être vécue !  Nous serions alors certain d'avoir la vraie clé qui ouvre les portes du royaume pour toutes les personnes de bonne volonté, la majorité des Hommes, pour qu’elles puissent s’épanouir, n’en déplaisent à ceux qui voudraient nous faire croire que l’intélligence artifcielle va remplacer les âmes des hommes. Pour eux l’immortalité consisterait à télécharger notre vécu dans un robot ! Pouvez-vous trouver une propagande matérialiste plus abêtissante que celle-ci ? 

Jeudi 19 Octobre 2017 Rédigé par Alain Rosenberg le Jeudi 19 Octobre 2017 à 20:35