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Nous vivons, ensemble, libres de penser comme nous l'entendons.


Chacun s'accorde à l'affirmer.

 

Personne ne peut imposer à une autre sa façon de penser, n'est-ce pas? 

 

Dans la pratique, ceci ne s'avère pas. Les opinions d'une personne sont influencées par son éducation et son milieu. La large majorité d'entre nous, sans le savoir ou en toute conscience, épouse les idées dans les choix restreints qui s'offrent à lui. A gauche, à droite ou au centre pour les idées politiques, croyants ou non croyants pour les athées ou les adeptes d'une religion, libertins ou fidèles pour les choix moraux. L'idée, une fois choisie, offre des évolutions et des déclinaisons qui sont propres à la personnalité de chacun mais fondamentalement, elle reste la même.

 

Rares sont ceux qui font émerger des idées originales hors des sentiers battus. 

 

 

Le piège de la synthèse

 

Il faudrait maîtriser une science de la pensée pour prétendre penser librement tel un athlète qui maîtrise suffisamment son corps pour le faire courir et sauter comme il l'entend.

 

Une telle science nous permettrait de différencier ce qui est le fruit de notre observation directe et ce que nous savons par un relais quelconque. Elle nous permettrait également de classer les sources sur lesquelles nous basons nos raisonnements, ayant appris à reconnaître la valeur relative d'une information. Elle redéfinirait la logique comme méthode de réflexion (ou mécanisme de la pensée) autre que celle qui consiste à opposer les thèses pour en tirer une synthèse. Les synthèses ne sont jamais de bonnes conclusions quand il s'agit de s'approcher de la vérité. Nous pourrions même affirmer que c'est une bonne méthode pour éviter de penser par soi-même.

 


La civilisation 

 

L'influence des idées dominantes de la civilisation agit comme un entonnoir faisant disparaître les idées d'hier pour les remplacer par des idées dites actuelles, modernes ou progressistes. Ainsi ceux qui font évoluer la civilisation modulent en quelque sorte les idées de demain, souvent à partir de synthèses philosophiques ou de l'opinion populaire. 

 

Les artistes et les scientifiques ont toujours fabriqué les idées pour le futur. Ils projètent dans les temps à venir leurs rêves et leurs découvertes. Walt Disney était un de ces visionnaires mais son legs fut dénaturé par ceux qui lui ont succédé. Il voulait créer à Orlando une cité de liberté pour la science et les penseurs afin qu'ils sortent des sentiers battus. Les exemples de ceux qui voulaient émanciper leurs semblables sont nombreux. A l'opposé, nombreux aussi sont les artistes et les scientifiques qui ont été au service de la religion ou autres groupes dominants. Parfois des libres-penseurs se sont révoltés contre le statut quo. Retracer les courants de pensée est passionnant et certains très anciens, sont toujours prédominants, comme l'esprit du droit romain que l'on retrouve dans le droit de Napoléon premier et dans le droit actuel Français.

 

Quoiqu'il en soit, affirmer que nous pensons librement sans l'influence d'autrui est une chimère. Notre façon de penser, de réagir ou de juger les événements, est largement influencée par notre milieu et malmenée par une logique binaire. 

 

 

Le manque de hiérarchisation de valeur 

 

Même si nous employons différentes façons de penser selon nos cultures, il existe un point commun aux anomalies de réflexion chez nos semblables : l'absence de hiérarchisation des données avec lesquelles ils réfléchissent. Une autre base de la logique qui fait défaut.

 

Trop souvent guidés par une vision primaire et sans perspective, certains n'arrivent pas à distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas. Ils vivent leur vie à contre-sens, comme s'ils étaient désorientés, dans un monde où ils n'ont aucune ancre pour amarrer leur pensée. Ils sont amputés de la faculté qui permet de contempler le futur et les conséquences de leurs actes. Mais ils sont surtout incapables de classer selon leur valeur les informations avec lesquelles ils fonctionnent. Ils ressemblent aux médias avec leurs nouvelles incessantes qui déversent leur flot d'informations, juxtaposant les nouvelles d'une star avec la guerre dans certaines parties du monde.

 

L'estimation de la valeur de l'information fait toute la différence entre une pensée rationnelle et une autre qui ne l'est pas. 

L'ampleur de l'impact d'un événement par rapport à un autre ne semble pas être difficile à saisir mais il faut ajouter à cela la réalité de l'événement et distinguer l'opinion d'une autorité des faits eux-mêmes. La loupe de l'un peut déformer notre perception de leur relativité, tout comme le commentaire réducteur de l'autre.

 

Face à ces difficultés d'assimilation de la valeur relative des données, notre faculté à penser est mise à rude épreuve, sans même mentionner les erreurs de logique qui enduisent les idées que nous adoptons d'une fixité dévastatrice.

 


Les erreurs de jugement 

 

 La civilisation actuelle, suivant les chemins tracés par le plus grand nombre, puisque nous vivons en démocratie, ne fait que reproduire nos erreurs de jugement. Notre collectif de pensée se reflète dans le monde d'aujourd'hui ruiné par ses violences, ses crimes, ses guerres et autres solutions barbares aux problèmes que nous rencontrons. Il se reflète également dans la maîtrise en progrès constant des sciences et technologies de la matière opposée à une ignorance quasi totale des philosophies humanistes or ceux sont ces dernières qui pourraient sortir l'homme de l'ornière sociale dans laquelle il ne cesse de descendre, et dont nous nous plaignons.

L'homme fait toujours appel à l'intelligence sans faire appel à sa raison. Il parvient à trouver les solutions qui lui apportent la maîtrise de son milieu mais ne regarde jamais vraiment ses sciences dites sociales aux résultats de plus en plus médiocres.

 

Pour qu'il en soit ainsi, il faut bien que nous nous éloignions de plus en plus de vérités qui amélioreraient nos tissus sociétaux ou, énoncé autrement, que nous adoptions chaque jour davantage de fausses idées sur lesquelles nous bâtissons notre avenir. 

 

La logique efficace mettrait en évidence que nous sommes lancés dans une direction aventureuse qui ne peut mener qu'à plus de malheur. Nous sommes devant le dilemme de celui qui veut connaître la vérité mais qui ne veut pas regarder.

 

Si nous employions une logique nuancée, nous serions alors dans l'obligation d'admettre tant de choses contraires à nos habitudes que nous préférons ne pas l'envisager.

 

Si par exemple la spiritualité était le facteur primordial d'assurance d'une société qui fonctionne bien et si le matérialisme menait à l'obscurantisme de la liberté de conscience, que se passerait-il ? Serions-nous capables de suivre la raison et de mettre notre intelligence à son service ?

 

Il faudrait surmonter l'idée que seule la science doit tout résoudre et entrevoir que les problèmes humains ne seront réglés que par des philosophies pratiques enseignées à chacun et non par la pensée matérialiste. Vouloir traiter les problèmes conjugaux comme nous traitons les problèmes informatiques est une hérésie évidente mais pourtant adoptée.

 

Vouloir un monde de paix forgé par des marchands d'armes est une proposition vouée à l'échec.

 

Vouloir faire chuter la criminalité en faisant prendre des psychotropes aux détenus s'avère inefficace.

 

Et vouloir un monde meilleur et plus juste sans y participer est de toute évidence trop en demander.

 

Il ne reste pour chacun que le choix ou de vivre dans plus de vérité ou de continuer à penser comme une autruche : la tête dans le sable et l'arrière-train en l'air. L'image est crue mais a le mérite d'illustrer ce qui se passe.

 

 Ceci ne sous-entend pas que les choses sont noires ou blanches et sans nuances de gris ! Ceci souligne la mauvaise habitude de cataloguer dans la section "peut-être" les informations sur la vie qui nous servent à penser. Seule l'observation des faits et des lois nous donne la certitude de ce qui est vrai pour soi. 

 


Le déclin de la connaissance, de la grammaire et de la nature des mots 

 

La liberté de penser par soi-même passe par l'émancipation des langages utilisés pour communiquer avec les autres, par oral ou par écrit. Ainsi l'apprentissage de la grammaire qui structure l'emploi des mots et des termes ainsi qu'une compréhension claire des mots eux-mêmes sont une première étape indispensable qui ne peut pas être évitée. Il est dommage que l'enseignement ne relie pas le bien-être d'une personne à sa compréhension de la grammaire.

 

Viennent ensuite des exercices qui permettent l'abandon des habitudes, induites par notre milieu, d'analyser par amalgame, pour les remplacer par un système qui permet une analyse multiple, globale et différenciatrice, une sorte de métalogique. 

 

Par exemple, nous avons trop tendance à dire que nous ne nous entendons pas avec une personne. Ceci ne reflète pas une vérité absolue ou immuable. Il serait préférable de penser que sur une échelle de un à dix, nous sommes à un moment x à 4 sur l'échelle. Qu'à un autre moment nous étions à 6 puis à 2 selon des évènements précis qui se sont déroulés sur une période de x années ! Ainsi la souplesse de notre approche améliorerait grandement notre relation avec les autres et contribuerait à notre bonheur. 

 

 

 

 

Penser librement pour vivre selon ses choix.

 

 

Nous voyons donc que le fait de penser librement est la base de notre approche de l'existence. Ce n'est pas tant ce que nous pensons qui est la clé mais notre aptitude à nuancer et modeler notre vécu selon des normes qui nous sont propres et non selon des modes de penser extérieurs à notre personnalité.

 

Moins notre pensée est lourde et enrobée du poids des préjugés et plus nous gagnerons notre liberté, libres des contraintes et ingérences de la civilisation matérialiste qui se veut dominante, autoritaire et unique. Nous devons remplacer la pensée collective par une pensée personnelle authentique.

 

Pour échapper à la pensée unique, au moule du " tout est fait pour moi" et du "pas besoin de réfléchir", il suffit donc de se remettre en question en étudiant les langages pour s'en affranchir, et à re-trier tout ce qu'on a appris pour différencier le vrai du faux. 

Plus facile à dire qu'à faire, c'est vrai.

 

Mais au moins mieux vaut le savoir que de l'ignorer. Et si possible commencer à se mettre à l'ouvrage en ouvrant vos dictionnaires et vos manuels de grammaire, un premier pas bénéfique et salutaire pour penser librement, réviser sa logique et réformer son estimation rationnelle dans ses choix d'actions et de comportements. Ainsi ni les dieux, ni la menace des Hommes, ni la peur de ce que les autres vont en penser, ni la crainte de se tromper ne pourront vous imposer quoi que ce soit.

 

Nous avons tous étés scolarisés mais peu d'entre nous ont été éduqués. Si vous posez la question à un professeur de français ou de philosophie pour connaître la différence entre l'éducation et la scolarisation, je me demande quelles seraient leurs réponses? L'éducation dans le domaine du langage et de la logique consiste à savoir penser par soi-même et à exprimer avec des mots les idées qui sont les siennes pour les transmettre à d'autres. Il existe des professionnels dans ce domaine qui maîtrisent l'un ou l'autre de ces sujets. Mais, j'ai bien peur qu'il faille que chacun fasse une démarche pour le devenir également. Chacun pense et utilise le langage. Alors pour ne pas passer son existence comme un perroquet des pensées des autres qui sont les perroquets d'une chaîne de perroquets ! Apprenez à maîtriser ces deux domaines. 

 

 "L'esprit de l'Homme libre est l'esprit de l'Homme qui se comprend"

 L. Ron Hubbard.

Lundi 30 Mars 2015 Rédigé par Alain Rosenberg le Lundi 30 Mars 2015 à 16:27