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Lorsque les idées de plaisir et de soulagement se confondent, l'homme au lieu d'être à la recherche de son propre bonheur, se perd dans la poursuite de l'illusoire.


Celui qui a mal souhaite être soulagé et c'est bien naturel, que ce soit du mal de vivre ou d'un mal physique, bien souvent des deux. Mais il ne faut pas confondre cette nécessité avec celle du plaisir.

Le plaisir se gagne, se construit et est accompagné de la fierté de l'accompli. Le plaisir du succès, le plaisir de la reconnaissance pour ce que l'on a donné aux autres, le plaisir d'une vie remplie par ses entreprises, tous les plaisirs du monde se gagnent. Le soulagement induit toujours une approche de l'insurmontable par une solution extérieure à sa propre capacité d'y faire face.

La douleur insupportable, morale ou physique, endormie par la drogue, le mal-être atténué par les vacances, tous ces soulagements soumettent l'homme à une habitude que l'on appelle la dépendance. Le soulagement finit par remplacer le plaisir et au lieu d'être à la recherche du bonheur, l'homme court à celle du soulagement, comme si vivre était un poids.

Ainsi la société se fixe non pas vers le plaisir de l'être humain mais vers son soulagement. Même ses loisirs se transforment en détente pour soulager la souffrance d'être trop tendu, et la télé est déstressante comme un baume sur l'épuisement. Rien à voir avec le bonheur, rien à voir avec le plaisir qui lui rehausse l'âme alors que le soulagement, suremployé, l'assomme ou la noie.

L'homme est sur le point de perdre les notions d'effort et de discipline indispensables à son bonheur. La mauvaise réputation de ces deux vertus, devenues impopulaires, le poussent à penser que ces deux valeurs sont contraires à son plaisir : la philosophie du moindre effort va faire sombrer notre culture dans l'abnégation, dans l'abandon de la distinction entre le bien et le mal, dans la recherche des paradis artificiels et informatisés.

Le sort du bonheur de l'homme se joue aujourd'hui avant qu'il ne s'enfonce trop dans la facilité à tout prix et qu'il ne recherche encore plus profondément la solution à ses malheurs dans la philosophie "soulagez-moi de tout", "soulagez-moi de vivre". Il lui faudra la réflexion nécessaire pour sortir de sa cossardise et cultiver, en être sage, son courage. Il faudra qu'il s'avoue s'être trompé et que le chemin qui mène à son bonheur se trouve sur une autre route, sur un autre rivage. Demi tour !

Pour cela, il lui faudra de l'aide, il lui faudra réapprendre à être un philosophe pragmatique et moderne qui saura dominer les conquêtes faites par la science sans que lui n'ait eu la chance de progresser autant.
Mercredi 25 Février 2009 Rédigé par Alain-Frank Rosenberg le Mercredi 25 Février 2009 à 14:57

Les espoirs d'un futur plus propice à l'épanouissement, au bonheur de nos enfants et à la liberté pour tous, s'éteignent petit à petit au fur et à mesure que les mauvaises nouvelles économiques et sociales soufflent au-dessus de nos têtes.


Des espoirs pour l'avenir ?
La peur du futur s'installe en nous.

Les modes opératoires efficaces du passé, de façon évidente, ne sont plus les garanties des succès de demain. Le milieu se modifie mais certains se sentent parfois incapables de s'adapter comme s'ils avaient  appris  à monter à cheval au lieu d'apprendre à conduire des automobiles.

On peut exercer sa volonté pour atteindre ses buts présents et vaincre ses peurs mais c'est loin d'être le cas de la majorité qui a été éduquée à chercher une force extérieure pour se rassurer. Là commence la maladie, la contagion du pessimisme et l'instabilité de l'humeur.

La confiance que le futur apportera des jours meilleurs était un dicton populaire thérapeutique qui a cessé de faire de l'effet car on n'y croit plus. On a fini d'y croire alors que c'était là son principe actif essentiel.

Le problème que l'on peut avoir avec le futur est le même que celui que l'on peut avoir avec le vide. Ni l'un l'autre ne présentent de danger particulier mais celui qui a peur du vide souffre de vertige et celui qui a peur du futur souffre de pessimisme, les deux provenant d'un manque de confiance en soi.

La solution consiste, de toute évidence, à redonner à l'homme un auto-déterminisme qui le met dans une position ou quoi qu'il arrive, il peut faire face à ses problèmes et à son destin.

On voit que dans la crise actuelle, ses repères volent en éclats et que, seuls ceux qui peuvent compter sur leur propre capacité à toujours s'en sortir, restent maîtres d'eux-mêmes et peuvent encore faire quelque chose de positif pour leurs semblables.

Les vraies questions que doivent se poser les commandants de nos sociétés sont donc celles qu'ils ne se posent pas. Aucune école ne peut fournir de réponses à la question : comment redonner confiance en lui à celui à qui elle fait défaut ?

Pourtant quand l'homme a peur, il se comporte facilement de façon irrationnelle. Tout finit par lui faire peur et l'amplification de la peur est alors panique.  Avec la panique viennent les mesures de répression pour circonscrire les gestes incontrôlés et pour les sociétés les états policiers.

Nous avons besoin de trouver de nouveaux buts, au milieu des tragédies que connaît actuellement  le monde du travail, et d'explorer de nouvelles directions sociétales. La transformation de nos bases peut aussi être propice à ceux qui sauront être pour le futur des créateurs de réalité. Dans les derniers deux cents ans, notre vie s'est transformée plus que dans les 2000 années précédentes. A chaque fois l'homme en est sorti plus fort et vainqueur. Il n'y a aucune raison pour qu'il n'en soit pas ainsi aujourd'hui.

L'environnement menaçant créé par nos structures politique, financière et médiatique n'est pas l'apanage de notre vie. Comme pour celui qui est près du précipice, celui qui est près du danger potentiel doit se raisonner. Il doit acquérir, conquérir pourrait-on dire, suffisamment de sagesse pour que ses mouvements soient justes et dosés pour se sortir de sa paralysie. Les temps vont changer et il est dans la nature de l'homme de pouvoir l'accepter. Mais ces changements doivent être favorables à l'homme et non à l'inhumanité. Ainsi, nous voici de nouveau confrontés à un nouveau monde qui vient remplacer l'ancien, à une nouvelle compréhension de l'homme sur terre et sur son rôle, sur sa mission.

Cette crise qui fait peur ne doit pas nous terrifier pour le futur. Elle doit nous faire prendre conscience qu'une  voie de sortie positive se trouve en nous.

Nous avons besoin de tous ceux qui sauront montrer à l'homme sa valeur et son influence sur le milieu. Nous avons besoin de tous ceux qui sont les gardiens des valeurs protectrices de l'architecture fondamentale des relations qui unissent les hommes, des relations basées sur les droits de l'homme.

Car ne nous y trompons pas, les seules menaces qui pèsent sur nous à cause de cette crise sont celles qui feraient basculer les droits de l'homme dans l'oubli au nom de l'urgence et des désordres passagers créés par les marchands de chaos.

Sauvegardons les droits de l'homme quoi qu'il arrive et nous ferons échec à ceux qui ont provoqué cette crise uniquement pour les annihiler. Le futur est à vous, vierge de toute entrave. Faisons en sorte qu'il en soit ainsi pour les générations à venir.
 

Dimanche 22 Février 2009 Rédigé par Alain-Franck Rosenberg le Dimanche 22 Février 2009 à 19:36