http://www.alainfrankrosenberg.com/sitemaps/Reflexions.xml ht
alainfranck
L'enseignement

Définissons ce que précisément veulent dire les mots éducation, scolarisation, enseignement, apprendre et étudier. Une fois ces concepts clairement distingués et définis, nous pouvons commencer à avancer. 

Le premier objectif de tout programme pour étudiant est d'augmenter son aptitude à étudier. Contrairement à ce qui est admis, ce n'est pas l'intelligence qui fait la différence entre ceux qui réussissent à savoir-faire quelque chose dans la vie et ceux qui ne se qualifient en rien. Ce qui fait la différence est leur aptitude à étudier.

Leur milieu social va certes parfois influencer leur choix professionnel. Mais ce qui va être déterminant sont les moyens qui vont être mis en œuvre pour que chaque étudiant puisse accéder au domaine qui lui convient. Donc il faut accroître en premier lieu leur aptitude à étudier. C'est le premier objectif de tout enseignement et de tout enseignant. 

Si l'aptitude de l'étudiant est bonne, il deviendra professionnel dans la carrière qu'il aura choisie mais s'il ne sait pas comment apprendre soit il reculera devant les difficultés à étudier le métier de son choix, soit il sera médiocre et ne deviendra jamais un professionnel fier de sa compétence. 

Etudier n'est pas une activité instinctive naturelle, c'est un sujet qui s'apprend. C'est une matière en soi. Le jour où cela sera admis nous aurons fait un grand pas en avant. 

En attendant, dans une confusion complète, des solutions aberrantes aux problèmes latents de l'éducation sont adoptées, faute de déterminer les véritables causes des échecs scolaires. Ces solutions entraînent de nouveaux problèmes qui sont mis sur le dos d'autres facteurs que les vraies raisons des désastres éducationnels. La méthode globale est l'exemple type de la solution inappropriée aux problèmes d'apprentissage de la lecture. Elle a tout d'abord été développée pour des enfants déficients par des experts du conditionnement des comportements, puis adoptée pour l'ensemble des enfants détruisant ainsi l'intelligence de millions de personnes. 

Les mots sont les véhicules de la pensée. Quand ils ne sont pas différenciés mais collés les uns aux autres, ils figent le raisonnement dans des moules. Par la suite, ne pouvant sortir de l'amalgame des symboles servant à communiquer des idées, les générations victimes de cette approche, sont handicapées dans leurs analyses des informations et incapables de nuancer ce qui est dit ou ce qu'ils veulent exprimer. La diminution de leur discernement les conduit à se plier à la pensée unique sans qu'ils ne s'en rendent compte.

Le vrai sujet de l'éducation est ce que l'on sait faire après avoir compris la théorie et pratiqué un sujet. Pour réparer un moteur, il faut savoir sur quels principes il fonctionne et effectuer une période d'apprentissage dans un atelier. Les deux sont indispensables.

Trop souvent, le diplôme semble être le but de l'étudiant au lieu de la compétence dans son domaine.

Même les parents semblent se concentrer sur le diplôme à obtenir plutôt que sur l'avenir professionnel de leurs enfants, convaincus que le diplôme représente l'assurance de la réussite.

En se penchant sur la question quelques minutes, il est évident que l'attestation de la réussite aux examens si elle ne certifie pas une qualification effective est un leurre.

La compréhension de notre environnement technologique est devenue à l'évidence une nécessité pour les élèves. Ceci ne doit pas nous faire oublier que les bases du langage doivent être soigneusement étudiées et que les mathématiques servant en physique et en informatique doivent être, elles aussi, bien assimilées. Sans excès, comme il y a un siècle alors que les érudits parlaient le latin et le grec, mais sans aller non plus à l'opposé oubliant l'étymologie des mots.

Bref, en comprenant ce que sont les domaines précités, nous aurons des générations qui feront des miracles et qui seront assez vifs d'esprit et compétents pour solutionner les problèmes sans cesse grandissants de l'humanité. Ceci devrait être notre préoccupation. Former et obtenir des êtres plus intelligents que la génération précédente. Il va falloir qu'ils le soient pour solutionner les situations que nous leurs laissons et  pour que notre civilisation ait un avenir.

Si ceci est fait nous donnerons raison à Henry Bergson " "L'humanité gémit, à demi-écrasée sous le poids des progrès qu'elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d'elle. A elle de voir d'abord si elle veut continuer à vivre. A elle de se demander ensuite si elle veut vivre seulement ou fournir, en outre, l'effort nécessaire pour que s'accomplisse, jusque sur notre planète réfractaire, la fonction essentielle de l'univers qui est machine à faire des dieux." 

Si la réforme de l'enseignement ne tient pas compte de cette grossière omission et continue à inventer des solutions inadéquates nous continuerons à hériter de populations ignorantes non à cause de leur manque d'intelligence mais à cause des défaillances et de l'arrogance des organes éducatifs des pays dans lesquels cela se passe. Les statistiques parlent d'elles-mêmes. Avez-vous rencontré des gens très compétents et productifs être au chômage ?

 Il est indéniable que la compétence dans un domaine et l'emploi sont corrélés. La tâche nous incombe de faire mieux dans le domaine de l'enseignement. Bons nombres de problèmes sociaux seront alors résolus et peut-être plus encore. 

Jeudi 21 Mai 2015 Rédigé par Alain Rosenberg le Jeudi 21 Mai 2015 à 09:19